Le comité de rédaction de la revue Mille Lieux Ouverts vous propose le thème suivant pour la réalisation du numéro 59.

 

La désobéissance / La révolte / La colère

 

Qu’est-ce qui pousse à la désobéissance, à enfreindre les lois ou les règles, à les contourner en flirtant avec leur interprétation ? Serait-ce par envie de secouer le joug sociétal / communautaire / parental pour en tester les limites, par goût du risque ou plutôt comme une manifestation de révolte ou de colère à l’encontre du système établi en vue de le faire changer ou à tout le moins évoluer ? Cette désobéissance ne serait-elle pas saine voire salutaire même si, en contrepartie, les dommages collatéraux peuvent être importants et même gravissimes ?

Ce thème est universel. Il traverse les époques et touche tous les domaines de la société. Il nous a semblé opportun de nous y arrêter et de vous le proposer comme thème du prochain numéro MLO.

Divers aspects pourraient être abordés sans que la liste soit exhaustive. Nous laissons en effet aux auteurs potentiels la liberté d’être créatifs au regard de ce que ce thème leur inspirera et d’emmener les lecteurs sur des voies de traverse.

Ainsi, qu’en est-il de ces jeunes qui bravent l’interdit et qui se retrouvent dans les services de l’aide à la jeunesse à l’issue d’un fait qualifié infraction et/ou de problèmes familiaux de tout ordre ? Dans ce dernier ordre d’idées, les enfants connotés hyperactifs ne cacheraient-ils pas une problématique bien différente du diagnostic médical posé qui serait davantage liée à des questions d’obéissance et de règles familiales ? Un jeune fumant du cannabis est-il un jeune en manque de repères, mal dans sa peau ou simplement un jeune attiré par le goût du risque et plus précisément par ce qui n’est pas permis, pas accepté socialement ? Un jeune attiré par la radicalisation est-il un jeune en réflexion ou en colère sur le monde dont il ne veut plus accepter les diktats ou tenté par « l’aventure » même si elle s’avère être létale ?

Dans un contexte différent mais néanmoins proche, qu’en est-il des dérives constatées sur les réseaux sociaux où des posts surfent avec les limites du politiquement correct voire les franchissent allègrement ?

Une crise dans une équipe peut trouver son origine dans des dissensions liées au projet pédagogique ou à des pratiques spécifiques qui font que des travailleurs ne s’y retrouvent plus et choisissent, consciemment ou non, de s’en démarquer et donc de « désobéir ». Plus largement, lorsque des travailleurs – ou même des services – d’un secteur estiment que la réalité n’est plus en phase avec la politique en place, la révolte gronde et menace les institutions au point de les faire vaciller.

Les institutions elles-mêmes en arrivent parfois à mettre en place des pratiques qui écartèlent la loi en vigueur au motif que les réalités changent et qu’il faut bien trouver d’autres solutions.

Vu sous ces angles, on pourrait considérer la désobéissance comme étant un état de fait chargé des desseins les plus noirs alors que bon nombre d’exemples attestent de son utilité, de son côté progressiste voire même de son côté salutaire. Pensons à toutes les avancées notamment en matière d’avortement ou d’euthanasie (pour ne citer qu’elles) où c’est le courage d’une poignée d’individus à s’opposer à la loi en place qui a fait en sorte de la modifier.

Plus récemment encore, la crise des migrants a fait émerger chez des citoyens une envie, un besoin d’y répondre au risque de se mettre hors la loi, estimant que les droits de l’homme se devaient de surpasser toute loi interne et partant, légitimaient leurs actions.

Dès lors, sortez de votre coquille et osez nous livrer vos réflexions. Que vous inspire la phrase de Cocteau « Rien d’audacieux n’existe sans la désobéissance à des règles ! »

Nous attendons vos écrits pour le 15 janvier 2019 au plus tard. Un atelier d’écriture sera également organisé. Merci.

 

Le comité de rédaction.

 

Personne de contact : Nathalie Nottet : coegaimo@skynet.be