Présentation des COE

Cadre légal

En 1984, un arrêté de la Communauté Française permet la création de centres alternatifs à l’hébergement, dénommés équipes de guidance sur ordonnance. Ces services non résidentiels, constitués en ASBL, ont pour mission le suivi psycho-socio-éducatif de mineurs dans le milieu de vie et interviennent à la demande des Juges de la Jeunesse (article 31.2 et 37§2bis 4e de la loi du 08 avril 1965)

En 1987, ces services sont agréés par le Ministère de la Culture et des Affaires Sociales de la Communauté française (arrêté du 07 décembre 1987). Depuis, ils sont dénommés Centres d’Orientation Educative (C.O.E.). Il en existe au moins un par arrondissement judiciaire. Les C.O.E. travaillent essentiellement au maintien du jeune dans son milieu de vie, et ensuite ils peuvent être amenés à l’accompagner dans un éloignement provisoire ou vers son autonomie.

En 1991, avec la mise en place du Décret de l’Aide à la Jeunesse, ces services font partie de l’aide spécialisée et ont la possibilité d’intervenir à la demande de deux autres instances : le Conseiller de l’Aide à la Jeunesse (article 36.6 du Décret) et le Directeur de l’Aide à la Jeunesse (article 38.3.1).

En 1999, les C.O.E. s’inscrivent dans une réforme globale de l’Aide à la Jeunesse. Leur mission est redéfinie comme un accompagnement social, éducatif et psychologique dans le milieu socio-familial, lequel peut également déboucher sur une mise en autonomie du jeune.

Dans le cadre du Tribunal, la mesure est contraignante. Dans le cadre du SAJ, la mesure est négociée.

Les C.O.E. interviennent sur mandat d’une de ces trois instances et l’informent de l’évolution de la mission par des rapports réguliers. Leurs interventions s’articulent dans un système à trois partenaires : l’autorité mandante, le jeune et son milieu de vie, le C.O.E.

 

Public visé

L’intervention des C.O.E. s’adresse à :

 

Des jeunes âgés entre 0 et 18 ans (voire 20 ans dans certaines situations) dont l’intégrité physique ou psychique est compromise par leur comportement (fugue, décrochage scolaire, toxicomanie, délinquance, violence,…) ou par ceux de leur milieu de vie (maltraitance psychique et physique, abus sexuel, conflits familiaux,…) ;

Des parents ou personnes assurant la garde légale de ces jeunes et qui sont confrontés à des difficultés dans la réalisation de leur fonction parentale.

 

Objectifs

Aider les jeunes et les familles à mobiliser leur créativité et leurs potentialités de réponse aux difficultés qu’ils éprouvent ou aux inquiétudes qu’ils provoquent. Ceci afin qu’ils retrouvent ou acquièrent une autonomie, des compétences et une reconnaissance dans leurs choix et engagements.

 

Moyens mis en oeuvre

Chaque équipe a élaboré une procédure d’admission décrite dans son projet pédagogique et en concertation avec ses mandants. Toutefois, bon nombre d’équipes clarifient le cadre de l’intervention, via notamment une réunion tripartite où le jeune et sa famille, l’autorité mandante et le C.O.E. sont présents.

Les C.O.E. acceptent a priori tout type de problématique tout en questionnant la pertinence de la mission et en se réservant la possibilité de refuser. Auquel cas, les motivations de refus sont communiquées à l’autorité mandante. En cas d’accord, le processus de prise en charge est engagé. Ce processus est ponctué par des réunions d’évaluation avec l’autorité mandante et les personnes concernées afin de faire le point quant aux objectifs poursuivis, d’actualiser la demande de chacun et le cadre de la mission. A l’issue de ces réunions, l’intervention est maintenue ou pas. La durée moyenne d’intervention est de 11 mois.

Des rapports de début, d’évolution et de fin de mission sont adressés à l’autorité mandante concernée. Lors de leur élaboration ou de leur transmission, ils peuvent être l’occasion d’un travail particulier avec les jeunes et les familles. Ces rapports peuvent également proposer aux autorités mandantes (administratives ou judiciaires) une lecture de la situation qui tient compte de la globalité des interventions en vue d’une meilleure cohérence du dispositif d’aide.

Les C.O.E. offrent différents types d’intervention étroitement liés aux projets pédagogiques, aux caractéristiques des arrondissements et de leur tissu social, aux modèles théoriques de référence et à l’analyse de chaque situation. Chaque intervenant  assure le suivi global de plusieurs situations et tend à utiliser les ressources de ses collègues grâce à la co-intervention, la réunion pédagogique ou la supervision.

 

Les interventions possibles sont :

des entretiens individuels, de couple, de famille nucléaire ou élargie, de réseau. Au cas par cas, les personnes sont reçues au service ou rencontrées dans leur milieu de vie ;

des démarches avec le jeune et ses proches vers le réseau de première ligne, au niveau social, scolaire, médical, loisirs, etc ;

des collaborations, des concertations, des coordinations avec les écoles, C.P.M.S., S.S.M., services hospitaliers, aides familiales, etc.

L’action des C.O.E. tend à souligner, renforcer, mobiliser les compétences et les ressources du jeune et de ses « familiers ».

A visée thérapeutique et éducative, l’intervention veille aussi à offrir un espace créatif où les émotions peuvent s’exprimer et où différentes lectures de la situation peuvent émerger aux yeux du jeune et de sa famille.

 

Les lignes de force

Les normes d’encadrement permettent au C.O.E. :

  • une évaluation et un suivi réguliers des situations,
  • la co-intervention,
  • la réflexion indispensable à l’évolution des pratiques,
  • une souplesse d’action (travail social, éducatif, psychologique, à domicile ou au service),
  • l’adaptation de l’intervention dans les moments de crise.

La taille des équipes (de 4 à 7 temps plein) optimalise la souplesse et la bonne circulation de l’information.

La multiplicité des formations de base des intervenants et les possibilités de formation continuée et de supervision préservent le dynamisme et la compétence des équipes.

L’intervention est gratuite pour les jeunes et les familles ou dans les limites de la part contributive fixée par le Juge, le Directeur ou le Conseiller.

La participation aux ateliers pédagogiques FEMMO préserve et renforce l’échange des pratiques et l’enrichissement mutuel.